Le cancer colo-rectal

Par | 2016-06-21T13:43:44+00:00 septembre 12th, 2010|Catégories : Cancer et prévention, Santé|0 commentaire


Les cancers représentent la 1ère cause de mortalité en France en 2004 (30 % des décès).
Parmi les cancers, le cancer colo-rectal(colon et rectum = intestin) est le 3e cancer concernant le nombre de cas par an avec 37 400 nouveaux cas en 2006 mais il est le 2ème cancer en terme de mortalité causant près de 17 000 décès par an. Par ailleurs, la survie moyenne (liée au cancer) à 5 ans est de 57 % tous stades confondus de la maladie soit 1 décès sur 2.

L’apparition de nouveau cas augmente régulièrement avec l’âge. Le risque devient appréciable à partir de 45 ans, et double ensuite à chaque décennie. L’âge moyen du diagnostic se situe vers 70 ans.

Les signes d’alerte sont notamment :

– des rectorragies= saignements(plus ou moins importants) au moment d’aller à la selle pouvant être mélangés(ou non)aux matières fécales.

– des symptômes digestifs trainants :troubles du transit avec alternance diarrhée/constipation, douleurs abdominales, en particuliers après 50 ans lorsqu’il n’y a pas d’amélioration après un premier traitement.

– une anémie ferriprive(= par manque de fer) sans cause évidente.

Dans ces différents cas, il est recommandé de réaliser une coloscopie totale afin d’effectuer des prélèvements sur d’éventuelles lésions suspectes.

Malheureusement, dans la communauté musulmane, nombreux sont ceux et celles qui, sous prétexte de la pudeur, dissimule ces différents symptômes. En effet, il est quasi-inconcevable pour certaines mères de famille de dévoiler des difficultés à aller à la selle ou encore des saignements occasionnels. Parfois aussi, ces dernières prétextent de ne pas vouloir inquiéter leurs enfants.
Certes, d’après un récit prophétique rapporté par Abu Houraira que l’on retrouve dans le Sahih de Boukhari ( livre de la foi, n°9 ) et dans le Sahih de Mouslim ( livre de la foi, n°35 ).

 » La pudeur fait partie de la foi »

mais il est également dit dans le Coran:

 » Allah ne se gêne pas de la vérité »S33V53

Il est donc nécessaire, pour le reste de la famille et les proches, de s’enquérir de ces symptômes et ne pas attendre qu’ils soient clairement exprimés. Il ne faut pas hésiter, par la suite, à en parler à leur médecin traitant afin qu’il prenne les dispositions nécessaires pour poursuivre les investigations.

Il existe aussi quelques formes familiales comme la polypose adénomateuse familiale et le syndrome HNPCC(cancer colique héréditaire sans polypose) qui sont responsables d’un risque accru de cancer rectocolique. Ces formes familiales représentent moins de 10 % des cancers du côlon et du rectum, et touchent souvent des individus plus jeunes.
Les maladies inflammatoires du tube digestif: maladie de Crohn et rectocolite hémorragique(RCH) présentent également un risque de transformation cancéreuse.

Viennent ensuite des gens qui ont des risques un peu plus élevés essentiellement parce qu’ils ont eu un parent atteint, surtout s’il a été atteint avant 45 ans (le risque est multiplié par 5) ou avant 65 ans (risque multiplié par 3) ou s’il a deux parents atteints. Dans ce cas là, le risque est suffisamment élevé pour justifier un dépistage par une coloscopie.

Mais la plus grande partie de la population n’appartient pas à ces groupes de risques élevés. Ainsi, plus de 90 % des cancers du côlon et du rectum surviennent sans terrain familial particulier et le seul moyen de faire évoluer les choses c’est le dépistage qui s’adresse à toute la population âgée de 50 à 74 ans.

En effet,diagnostiqué tôt, il est possible de guérir du cancer par la chirurgie. De plus, il est souvent précédé d’une tumeur bénigne qu’on appelle le polype. Si on arrive à détecter et enlever ce polype à temps, on peut même empêcher le cancer d’apparaître.

Ce dépistage est simple et entièrement pris en charge par l’Assurance maladie. On remet au patient un test qui permet de rechercher un saignement invisible à l’œil nu dans les selle(une invitation au dépistage est envoyée tous les 2 ans pour les personnes âgées de 50 à 74ans).
Pour ce faire, le patient prélève deux petits fragments de selles sur trois selles consécutives, à l’aide d’une spatule qui lui est fournie. Le test va être envoyé(avec une enveloppe pré-affranchie)vers un centre spécialisé dans la lecture et qui lui enverra très vite les résultats (en principe le jour même de la réception du test au centre d’analyse).

Si le test est positif(2 à 3% des cas), on rentre dans la stratégie de diagnostic. Il y a un saignement dans les selles, il faut en connaître la cause et il faut donc faire une coloscopie qui va explorer tout le cadre colique à la recherche de polypes. Statistiquement, on va trouver un polype dans un tiers des cas environ et il va être enlevé au cours de l’examen. Dans 10% des cas, on va trouver un cancer en sachant que la plupart de ces cancers se trouvent à un stade où ils vont être guéris par la chirurgie.

Si le test est négatif(97 à 98% des cas), il devra être réaliser à nouveau dans 2 ans.

Il ne faut donc pas hésiter à en parler à son médecin traitant qui conseillera la conduite à tenir et guidera la démarche de dépistage. Voir la vidéo ci-après décrivant les modalités du dépistage du cancer colo-rectal.
Le dépistage du cancer colorectal.

Enfin, il s’agit d’un véritable problème de santé publique où chacun doit se mobiliser afin d’informer et sensibiliser les populations à risque.

Pour toute information complémentaire, et pour connaître les coordonnées de la structure chargée du dépistage des cancers dans votre département, contacter: Cancerinfoservice au 0810 810 821(prix appel local) ou visiter le site de l’Institut national du cancer sur www.e-cancer.fr

Sources:
Institut national du cancer(INCa) « dépistage organisé du cancer colo-rectal » mars 2010
Haute autorité de santé(HAS) « cancer colo-rectal » février 2008
Société nationale française de gastro-entérologie(SNFGE) CHU Dijon, Pr J.Faivre 2002

À propos de l'auteur :

Spécialiste en médecine générale Diplômé de la faculté de médecine d’Amiens avec mention très honorable Auteur de la thèse « Evaluation du recours aux médecines complémentaires et alternatives, en médecine générale, dans le département de l’Oise » Sept.2012 Ancien membre de l’International Cupping Therapy Society Ancien praticien libéral, en cliniques privés parisiennes, en médecine interne et en hémato-cancérologie

Laisser un commentaire

14781102460175598deb3cdfe54f22c3555555